Je vous propose une approche intuitive de la notion d'intégration et du lien entre fonction primitive et fonction dérivée, sous forme graphique puis analytique.
Soit donc dans un repère cartésien orthonormé la courbe
représentative d'une fonction
presque
quelconque, plus précisément d'une fonction de la variable
, définie et continue entre les valeurs
et
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Considérons la surface Sba (en jaune) située
sous la fonction, c'est à dire l'espace délimité par la courbe
représentative de cette fonction, l'axe des abscisses et les droites
parallèles à l'axe des ordonnées délimitant l'intervalle des
compris entre
et
Cette surface peut être découpée en fines tranches verticales de
surface
comprises entre les valeurs
de
et
Considérons une de ces tranches (en orange)
Lorsque
tend vers 0 nous écrirons
Lorsque la largeur
de la tranche
tend vers 0, c'est à dire lorsque
tend vers
alors
tend vers
puisque la fonction est continue, et la surface
tend vers 0 certes, mais plus précisément vers un rectangle
de surface 

Nous pouvons écrire:
La valeur de la surface Sba est la somme de
toutes ces minces tranches juxtaposées comprises entre
et
Si les tranches ont une largeur non nulle est sont en nombre limité, nous pouvons écrire:
Pour une fonction « en escalier » (succession de segments horizontaux) ce calcul peut convenir. Mais pour une fonction continue d'une variable réelle, ce n'est plus le cas. Il faut pousser le raisonnement à sa limite:
Lorsque nous faisons tendre la largeur
des tranches vers 0, leur nombre tend vers l'infini, ce qui
ne change pas leur somme qui vaut toujours S, mais la précision
augmente d'autant plus que nous approchons de cette limite (les « haut
» des tranches s'approche de plus en plus d'un segment horizontal, donc
la forme des tranches s'approche de plus en plus du rectangle de
surface 

). Nous utiliserons alors
une nouvelle notation, celle de l'intégrale définie:
Remarque: Sba n'est pas une fonction mais une valeur
constante.
Considérons maintenant une valeur arbitraire
de
située à gauche de
et définissons une
fonction
de la variable
, qui donne la valeur de la surface sous
la courbe pour toute valeur de
depuis
De même:
En effet, le deuxième terme de cette avant dernière ligne, soit
n'étant qu'une « tranche unique » de
surface entre
et
...
Donc:
La fonction
est donc la fonction
dérivée de la fonction
, et donc,
réciproquement, la fonction
telle
que nous l'avons définie plus haut est une primitive de
(primitive au sens justement que la
dérivée donne la fonction). C'est une primitive au même titre
que toutes les fonctions
(le terme
s'annulant lors de la dérivation).
Remarquons maintenant que la fonction
est également une primitive de
et
n'en diffère donc que d'un terme
Nous en déduisons que
Il devient ainsi inutile de préciser le point
(ou
ou
autre...) pris comme origine des
pour
obtenir ces primitives, et on définira l'ensemble des fonctions
primitives de
avec la notation:
Cette ensemble de fonctions primitives (on dit aussi « classe
d'équivalence » des primitives) d'une fonction est aussi appelée intégrale
indéfinie de
.
soit donc une fonction
et son
intégrale indéfinie
Soit une de ces primitives
Nous avons:

Ce dernier résultat se déduit directement du graphique représentant les surfaces.
C'est un résultat très important
qui montre que pour obtenir la valeur de l'intégrale définie entre deux
points, il faut calculer la différence des valeurs que prend une
primitive (n'importe laquelle) de cette fonction en ces points.
Calculons la valeur de l'intégrale définie
La fonction
admet comme
primitive
+k
il vient:
si toutefois je ne suis pas trompé!
On voit au passage que la terme
s'annule, et donc que n'importe quelle primitive de la fonction
fait l'affaire.
C'est pratique pour calculer des surfaces, mais pas seulement, des
volumes aussi, des distances parcourues en chute libre, et... des
intégrales de Fourier d'un signal périodique et autre transformées de
Laplace.
Nous verrons cela prochainement.